UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
Département des arts et lettres

Unité en sciences du langage et communication


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Présence de notre unité à l’ACFAS

Cinq communications préparées par des membres de notre unité seront présentées lors du 86e congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS).

Ce colloque généraliste se tiendra du 7 au 11 mai 2018, chez nous, à l’Université du Québec à Chicoutimi. Quatre professeurs (Vincent Arnaud, Luc Baronian, Jorge Frozzini et Odette Gagnon) et un étudiant à la maîtrise en linguistique (Xavier St-Gelais) seront sur place pour présenter des perspectives de recherche ou les résultats de leurs travaux. Voici les résumés de leurs communications :

Linguistique, reproductibilité scientifique et statistiques : Création et utilisation de R notebooks

Vincent ARNAUD (UQAC)
Colloque 11 - Je code, donc je suis (chercheur-euse)
Session Philosophie, histoire et communication
Mercredi 9 mai, local P1-7070, 11 h 15

L’objectif de cette contribution est de rendre compte de la création et de l’utilisation de R Notebooks par l’intermédiaire des logiciels R et RStudio dans le cadre de travaux et projets de recherche en linguistique, et plus spécifiquement en phonétique.

Les avantages cette pratique technologique sont nombreux. Elle permet de rendre compte de l’exploration d’un échantillon et d’expliciter les analyses statistiques utilisées, les valeurs-ρ ne se substituant pas au raisonnement scientifique et n’étant interprétables qu’en fonction de l’analyse effectuée. Elle offre aussi la possibilité de colliger des citations marquantes ou une bibliographie complémentaire, de commenter les choix méthodologiques et les résultats obtenus, tout en favorisant le réemploi du code source. Elle présente aussi des atouts pédagogiques certains dans l’encadrement des étudiants de cycles supérieurs, tout en diminuant les coûts associés à la fouille et à l’analyse et à la réanalyse de données. En dernier lieu, elle soutient le processus d’évaluation des publications scientifiques puisqu’elle rend disponible le détail des méthodologies adoptées tout en préservant l’éventuelle confidentialité des données utilisées.

Génétique des populations (GDP) et linguistique historique

Luc BARONIAN (UQAC)
Colloque 611 - Le fichier BALSAC, d’hier à demain)
Session 3
Mardi 8 mai, local P1-5090, 9 h 30

La linguistique historique tire ses sources dans le même mouvement scientifique du 19e siècle auquel Charles Darwin a participé. En effet, la linguistique historique du 19e siècle parlait d’arbres linguistiques et de mutations sonores. Dans cette communication, je ferai d’abord un survol de deux études récentes faisant corrélation entre GDP et diversification linguistique : 1) les théories sur le point d’origine des Indo-Européens avec les arguments les plus récents provenant de la linguistique et de la GDP ; 2) les corrélations entre la structure génétique de la population finlandaise et la classification linguistique de ses dialectes. Je me pencherai ensuite sur les possibilités de mener de telles recherches sur le français en Amérique du Nord afin d’éclairer les questions suivantes : 1) y a-t-il corrélation entre parlers québécois vs. acadiens et la GDP ? ; 2) y a-t-il corrélation entre la population de l’Est vs. l’Ouest du Québec et la GDP ? ; 3) y a-t-il corrélation entre les régions louisianaises comportant des traits acadiens vs. pré-acadiens et la GDP louisianaises de souche française ? Cette communication se veut donc une présentation d’un programme de recherche, plutôt qu’un résumé de résultats de recherche. Pour que ce programme devienne réalité, sciences humaines et sciences naturelles d’ici doivent donc entamer une discussion de fond et des collaborations étroites afin de prendre les devants dans ce domaine émergent et prometteur.

L’interculturel et le monde communautaire : quelques spécificités de la recherche en relations interculturelles dans le monde communautaire

Jorge FROZZINI (UQAC)
Colloque 432 - Quels enjeux éthiques sur les terrains de la recherche en communication internationale et interculturelle ?)
Axe 3 - Les contextes de la recherche : société, gouvernements, coopération et organismes
Jeudi 10 mai, local V1-1020, 15 h 30

Nous savons que la recherche doit s’adapter selon les contextes particuliers. De plus, la
recherche en relations interculturelles et dans une optique interculturelle doit prendre
en considération plusieurs échelles d’analyse afin d’avoir une vision plus fine des
situations et plus particulièrement avoir accès au terrain choisi pour l’étude. Dans cette
présentation, nous allons réfléchir sur certaines expériences (étalée sur plusieurs
années) et réalités vécues pendant la recherche auprès des organismes
communautaires dans la région de Montréal et dans la région du Saguenay-Lac-Saint-
Jean (SLSJ). Quelles sont les particularités du monde communautaires en ce qui
concerna la recherche universitaire ? Quelles sont les différences et les similitudes entre
les organismes communautaires basés à Montréal et ceux au SLSJ ? La place des
relations de pouvoir entre les chercheurs et les intervenants communautaires ? La
culture au sein de divers groupes communautaires ? Quelles sont les difficultés afin
d’avoir accès au terrain/individus ? Ces quelques questions permettront de soulever
plusieurs éléments éthiques et structurels liés à la recherche auprès de ce type
d’organismes, dont le positionnement du chercheur dans sa démarche auprès des
organismes communautaires qui ont leurs propres contextes de diversité culturelle.

Regard sur la compétence de l’élève et le rôle de l’enseignant dans la cadre de la comparaison de la prise de notes manuscrite et numérique

Audrey PÉPIN (UQAC), Patrick GIROUX (UQAC), Odette GAGNON (UQAC), Nadia Cody (UQAC), Sandra Coulombe (UQAC), Diane Gauthier (UQAC)
Colloque 509- Développement de la littératie numérique en contexte éducatif
Axe 3 : Stratégies de formation pour développer les savoirs et les compétences numériques
Lundi 7 mai, local H2-1080, 15 h 25

De nombreuses écoles secondaires introduisent la tablette numérique dans la classe et plusieurs questions émergent quant aux effets que peut avoir cette implantation sur les activités quotidiennes, dont la prise de notes, laquelle est une tâche fréquente qui implique des processus cognitifs précis (Bonner & Holliday, 2006 ; Einstein, Morris & Smith, 1985 ; Weiss, Banilower, McMahon & Smith, 2001). Cette communication s’intéresse à l’utilisation de la tablette numérique pour la prise de notes et l’effet qu’elle peut avoir sur la qualité des notes, notamment en ce qui a trait à la qualité de la langue et à l’organisation conceptuelle de ces dernières. Dans le cadre d’une étude exploratoire, des notes manuscrites et numériques prises en contexte de cours magistraux ont été recueillies auprès de 15 élèves de troisième secondaire. L’évaluation de la qualité des notes nous a permis de faire plusieurs constats. En gros, les élèves, qu’ils utilisent ou non la tablette, font les mêmes types de fautes, et ce, dans une proportion similaire. Ensuite, l’organisation visuelle semble un peu plus efficace dans les notes manuscrites. Ces observations soulèvent plusieurs questions par rapport aux outils auxquels les élèves ont accès pour la prise de notes (prédicteur de mots, Antidote Ardoise), à la compétence qu’ont les élèves pour les utiliser efficacement et au rôle que doit jouer l’enseignant.

Variation diatopique en français québécois : la voyelle /ɔ/ à Québec et à Saguenay

Xavier ST-GELAIS (UQAC), Egidio MARSICO (Laboratoire Dynamique du langage / Centre national de la recherche scientifique - France) et Vincent ARNAUD (UQAC)
Section 305 - Langues et langages
Session du jeudi
Jeudi 10 mai, local P1-7060, vers 10 h 45

Des différences dans la prononciation des voyelles à Québec et à Saguenay ont récemment été mises au jour chez des locuteurs jeunes et éduqués en situation formelle : par exemple la fréquence de la diphtongaison (Leblanc, 2012), la durée des voyelles fermées relâchées (Sigouin, 2013) et l’aperture de la voyelle /ɛ/ (Riverin-Coutlée et Arnaud, 2014) varient d’une ville à l’autre.

Par ailleurs, en français contemporain, la voyelle /ɔ/ est aussi marquée d’une variation diatopique : en France, notamment, sa prononciation est beaucoup plus antérieure au Nord qu’au Sud (Boula de Mareüil et al., 2010). L’antériorisation de /ɔ/ a été moins étudiée à l’échelle québécoise, mais le phénomène est attesté dans plusieurs régions (Lamontagne, 2015), dont le Saguenay (Paradis, 1985).

L’objectif de la présente étude est d’examiner la prononciation de /ɔ/ à Québec et à Saguenay pour vérifier si le phénomène d’antériorisation s’y manifeste de la même façon. Pour ce faire, nous avons procédé à l’analyse acoustique de 1000 occurrences de cette voyelle produites par 40 étudiant-e-s universitaires de ces deux villes lors d’une tâche de lecture formelle en laboratoire. Des modèles linéaires à effets mixtes ont été utilisés pour vérifier l’effet de l’origine géographique et du sexe des locuteurs sur la fréquence centrale des deux premiers formants vocaliques. Les résultats indiquent notamment que /ɔ/ serait une voyelle plus antérieure à Québec qu’à Saguenay, et ce, chez les locuteurs des deux sexes.

Références

  • BOULA DE MAREÜIL, Philippe, Martine ADDA-DECKER et Cécile WOEHRLING (2010), « Antériorisation/aperture des voyelles /ɔ/∼/o/ en français du Nord et du Sud », XXVIIIèmes Journées d’étude sur la parole, Mons, p. 81‑84.
  • LAMONTAGNE, Jeffrey (2015), « A little forward in Laurentian French : A variationist analysis of vowel fronting in Laurentian French », Actes du Congrès annuel de l’Association canadienne de linguistique 2015, Université d’Ottawa.
  • LEBLANC, Guillaume (2012), Une étude acoustique des voyelles orales susceptibles d’être diphtonguées en français québécois, mémoire de maîtrise, Université Laval, Québec, 134 p.
  • PARADIS, Claude (1985), An Acoustic Study of Variation and Change in the Vowel System of Chicoutimi-Jonquiere (Quebec), University of Pennsylvania, Philadelphie, 326 p.
  • RIVERIN-COUTLÉE, Josiane et Vincent ARNAUD (2014), « Portrait acoustique d’une variation régionale en français québécois contemporain : l’ouverture de la voyelle /ɛ/ en finale de mot », Actes des XXXe Journées d’étude sur la parole, Le Mans (France).
  • SIGOUIN, Caroline (2013), Caractéristiques acoustiques des voyelles fermées tendues, relâchées et allongées en français québécois, Université Laval / Université du Québec à Chicoutimi, Québec / Chicoutimi, 173 p.

Mise à jour : 3 mai 2018, © Unité en sciences du langage et communication, UQAC, Québec (Canada)