UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
Département des arts et lettres

Unité en linguistique et en langues modernes


AccueilÀ votre agenda... › Deux étudiants de l’UQAC aux 30es Journées de linguistique

Deux étudiants de l’UQAC aux 30es Journées de linguistique

Deux étudiants en linguistique de l’UQAC, Alice Tremblay et Xavier St-Gelais, ont participé à la 30e édition des Journées de linguistique, qui s’est tenue à l’Université Laval pendant la semaine de mi-session (les 3 et 4 mars 2016).

En matinée, vendredi, Xavier St-Gelais a présenté son projet Description acoustique des bruits de friction des consonnes occlusives /tdk/ devant /iy/ en français québécois. En après-midi, Alice Tremblay a exposé ses résultats dans sa présentation Fondements linguistiques des chroniqueurs de langue québécois. Les résumés de ces deux présentations se trouvent plus bas sur cette page.

Nous vous invitons cordialement à envisager une présentation aux JDL l’an prochain comme étudiants-chercheurs. L’expérience est tout à fait enrichissante, aussi bien au plan scientifique qu’au plan humain.

Visitez aussi le site des Journées de linguistique.

Résumé des présentations

Alice Tremblay, Fondements linguistiques des chroniqueurs de langue québécois :

JPEG - 4.8 Mo

Le français québécois comporte des phénomènes qui lui sont bien particuliers, qui sont rapportés et critiqués par les chroniqueurs de langue. Nous partons d’un questionnement sur les motivations des choix de sujets traités par ces chroniqueurs. Ainsi, un phénomène comme l’affrication de [t] et de [d] devant [i] et [y], qui est parmi les plus discutés par les linguistes, est ignoré par les chroniqueurs et passe inaperçu dans les grands médias, alors qu’il est même utilisé systématiquement par les lecteurs de nouvelles. Cependant, des constructions qui touchent la morphologie comme « ça l’a », sont à la fois dénoncées par les chroniqueurs de langue et évitées en situation formelle. Je désirais déterminer s’il y a des fondements linguistiques derrière la façon dont les chroniqueurs évaluent la langue. Pour cette étude pilote qui est la première étape en vue de la réalisation de mon mémoire de maitrise j’ai étudié les chroniques de langue écrites sur une période d’un an par trois chroniqueurs : Pierre Foglia, Lysiane Gagnon et Antoine Robitaille. La diversité des sujets sur lesquels s’attardent ces auteurs fait de leurs chroniques un sujet de recherche intéressant pour étudier le français au Québec. J’ai effectué un classement des traits discutés par les chroniqueurs, afin de distinguer les phénomènes morphosyntaxiques, phonologiques et lexicaux. J’ai ensuite classé ces phénomènes en termes d’innovations ou d’archaïsmes, puis opéré une classification qui établit les jugements (positifs, négatifs, neutres). Les corrélations entre ces trois dimensions révèlent certaines cohérences et incohérences d’analyse de la part des chroniqueurs.

Xavier St-Gelais, Description acoustique des bruits de friction des consonnes occlusives /tdk/ devant /iy/ en français québécois

HTML - 962 octets

L’affrication des consonnes /td/ devant /iyjɥ/ est une caractéristique saillante du français québécois (FQ). La littérature suggère qu’elle est aujourd’hui quasi-catégorique, se produisant parfois même entre les mots (Dumas, 1987 ; Côté, 2010). On en sait peu, toutefois, sur sa structure acoustique : on a tout au plus suggéré que les bruits de friction des occlusives /td/ correspondent auditivement aux sons [sz] (Marchal, 1980), leur énergie spectrale se concentrant autour de 7-8 kHz (Gendron, 1966). Par ailleurs, en 2015, St-Gelais et Chayer ont relevé un délai d’établissement du voisement particulièrement long pour la consonne /k/ lorsqu’elle précède une voyelle fermée. Cette analogie de contexte par rapport à l’affrication peut soulever la question d’une éventuelle parenté entre les deux phénomènes.
Cette étude propose de décrire et de comparer la structure acoustique des bruits de friction suivant les consonnes /tdk/ devant les voyelles /iy/ par des mesures temporelles et spectrales s’appuyant principalement sur la notion de moments spectraux (Forrest et coll., 1988). Des syllabes de type CV et CVC combinant /tdk/ et /iy/ sont analysées dans la parole lue de 40 locuteurs du FQ, étudiant et étudiantes universitaires originaires à parité de Québec et de Saguenay, enregistrés en contexte formel. L’étude vise d’abord à établir si les bruits de friction suivant /t/ et /d/ ont une structure similaire, puis à comparer la structure acoustique de /k/ avec celle des consonnes apicales. Les variables indépendantes SEXE, VILLE D’ORIGINE et VOYELLE SUBSÉQUENTE sont également considérées comme des facteurs de variation potentiels.


Mise à jour : 3 avril, © Unité en linguistique et en langues modernes, UQAC, Québec (Canada)